Brol #1 – Un brol donc ?

J’ai eu peur en ouvrant mon dictionnaire pour trouver la définition de « brol » : il n’y est pas ! Etrange, j’aurais pourtant juré que..

Mais si ! Le mot existe ! C’est simplement que ma mère m’a offert un Petit Robert avant mon entrée à l’université (en 2007.. Cette information ne nous rajeunit point), et le « brol » s’y est pointé en 2008 seulement. (D’ailleurs, cette même année y apparut le mot « guindaille »… coïncidence ? Je ne pense pas !)

Mais revenons à nos brols !
Sur l’internet, monsieur Wiktionnaire dit ceci :

brol \bʁɔl\ masculin

  1. (Belgique) Désordre.
    • Il y a un brol monstre dans sa chambre.
    • — T’avais quoi d’autre, dans ce sac ? s’inquiète Alphonse.
      — Du
      brol. (Nadine Monfils, La Vie d’un serial killer, ch. 2, Belfond, 2011)
  2. (Belgique) Objet sans valeur.

Bin oui.. mais pas que ! Un brol, c’est aussi un truc, un bidule, un machin, un bazar, un trucmuche, un schtroumpf ou un pufuchon (celui-là est pour toi papa – comme ça je vérifie si t’as vraiment lu cette fois hihi). Bref, un brol, c’est un mot qui permet de désigner une « chose » sans la définir, c’est en fait un mot immense qui veut tout dire.

Et ça me plaît, ça me plaît même beaucoup cet espace de potentialité qui ne s’encombre pas d’une définition, qui n’enferme pas le brol du jour dans une catégorie pré-existante.

J’ai pu constater que parfois essayer de définir les choses, ça les épingle, les restreint, les enferme et elles s’abîment alors, elles étouffent un peu et même parfois disparaissent.

Pas de ça ici donc. Le brol du jour sera la liberté-même. Le brol du jour pourra être un extrait d’un texte que j’ai lu et aimé, une vidéo marrante, le partage d’un article qui m’a intéressée, une photo trouvée sur la toile ou prise avec mon petit doigt qui appuie sur le déclencheur (ou plutôt sur le bouton de mon téléphone), un mot, une chanson, un clip, un texte écrit avec mes petites mains rouillées pour vous parler d’un truc que j’ai vu ou lu ou d’un truc qui m’intéresse ou même d’un truc de ma vie ou même d’un truc de fiction ou même une vidéo, un enregistrement sonore ou que sais-je encore. Un brol, quoi.

Pas de définition, pas de règle et donc pas de restriction. La seule contrainte que je me fixe est d’en partager un par jour.

Pourquoi donc cette étrange démarche ? me direz-vous. Mmmh.. Vaste question.

Ceux qui me connaissent savent que j’en parle peu mais que je m’intéresse à des choses assez diverses, que je lis beaucoup d’un peu de tout, que je regarde des spectacles/films/séries/documentaires, que j’aime la musique, les trucs rigolos, les trucs un peu plus sérieux, que j’ai des goûts vraiment (vraiment) éclectiques, que j’aime bien aussi réfléchir un peu, que j’ai toujours des projets en jachère, des élans multiples et beaucoup d’envies secrètes qui fourmillent dans ma tête, mais…

Mais ils savent aussi et surtout que j’ai une mèche de cheveux dans la main (c’est comme avoir un poil dans la main mais en encore pire, en très très très fort – surtout si on imagine que c’est une mèche de cheveux à moi, un peu handicapant vu la touffe). Et avoir un poil dans la main, c’est être flemmard, paresseux, fainéant.

Du coup, ce qu’il se passe c’est qu’une fois que j’ai rempli toutes les obligations de ma vie d’adulte (et franchement y’en a quand même pas mal, c’est pas toujours du gâteau : on m’avait pas trop trop prévenue je ne vous remercie pas!), ma vie de nullipare me laissant encore quand même du temps pour moi, je me retrouve majoritairement à passer ce temps avec les gens que j’aime (comprenez principalement : prendre des apéros interminables avec les copains ou faire des fêtes mémorables). Ou à aller voir des concerts. Ou à aller voir des spectacles. Ou alors toute seule, à lire des trucs. Ou à regarder des trucs. Ou à écouter des trucs, à chiller quoi, à l’horizontale, avec mon copain ou avec mon chat schizophrène qui m’attaque entre deux câlins.

J’adore par-dessus tout ma vie et si je n’y change rien c’est sans doute en partie par flemmardise mais c’est aussi et surtout parce que je n’ai pas envie que les choses changent. J’ai un boulot intense, une vie amoureuse et sociale bien remplie, une curiosité culturelle bien nourrie. Mais c’est vrai que parfois je m’en veux de m’éparpiller, de n’avoir pas une passion unique, un domaine qui serait le mien, une discipline que j’approfondirais. J’envie les gens (comme Thomas, par exemple) qui ont une connaissance tellement pointue dans leur domaine. Moi j’ai plein de petites connaissances à gauche à droite dans plein de petits trucs, mais c’est tout, j’ai l’impression d’être un patchwork. Mais voilà, je suis comme ça.

M’obliger à consigner/partager un brol par jour, c’est m’obliger à mettre un peu d’ordre dans mon brol, justement. C’est me forcer à me discipliner dans un projet qui soit à la fois « centré » mais qui respecte mon caractère « patchwork », mes intérêts fragmentés, et mes journées bien remplies. C’est essayer d’éviter que tombent dans le trou noir infini de l’oubli les belles images que j’enregistre puis que je supprime parce-que-j’ai-plus-de-place-sur-mon-smartphone-et-que-ça-fait-des-mois-que-j’ai-la-flemme-de-les-transférer, les notes que je prends en vrac puis que finalement je relis jamais, les beautés glanées ci et là qui disparaissent, les pensées qui s’effacent de n’avoir pas été écrites.

Bref, vous retrouverez ici une fois par jour un brol que j’ai envie de garder/partager.

Et si en plus ça peut en intéresser l’un ou l’autre d’entre vous, alors là c’est encore mieux 🙂

Voilà, cette petite introduction, cet « à propos » était le premier brol du jour !

A demain pour de nouvelles aventures ! ❤

11 réflexions au sujet de “Brol #1 – Un brol donc ?”

  1. Ben dis c est super ça. Cool cool et généreux en plus. Belle surprise en tout cas 🙂 ça me fait juste remarquer un peu plus à quel point on est pris dans notre travail et que sur ce lieu on a plus le temps de se parler. Heureusement on trouve d autres manières 🙂 Gros gros bisous

    Aimé par 1 personne

  2. Je viens seulement de lire ton 1er brol. C’est prometteur ! je lirai les autres dès demain. Je te rappelle toutefois que J. Ph. n’a pas inventé « pufuchon », il l’a hérité de moi… comme une série d’autres mogenetologismes. Je devrais dire « koeunologismes » car mon papa adorait ce genre de créations langagières familiales.

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