Brol #16 – no deal

C’est rigolo parce que j’étais en train de me dire « pas de brol aujourd’hui non plus, tant pis », pas le courage, pas l’envie de trouver l’équilibre entre raconter quelque chose de pas trop personnel mais de pas trop impersonnel, pas l’envie de faire le tri entre le pudique, l’impudique, le léger, le difficile, pas envie d’avoir à trier ou à creuser, à chercher les mots.

Parce que j’ai vu une copine ce soir que j’aime beaucoup et qu’on s’est dit toutes les deux que parfois, la vie, c’était quand même vraiment dur en fait. Qu’on sait qu’on a globalement des vies confortables, chanceuses, chouettes, intéressantes, joyeuses, qu’on peut vraiment pas se plaindre, mais que quand même, vraiment, parfois, juste parfois, en fait on est juste à bout. On est au bout de nous, de nos énergies, de nos vies, de nos folies, de nos naïvetés, de nos précieuses positivités qui finalement nous font parfois dépasser les limites et craquer de partout. Qu’on est là à se débattre avec nos problèmes d’adultes, nos contradictions, nos empathies, nos lucidités, nos envies et celles des autres, nos incompréhensions, nos déceptions, la réalité qui cogne par moments, fort. Que parfois, on aimerait revenir au temps de l’innocence, du printemps, de l’enfance. Au temps où maman était la référence ultime, jamais décevante. Au temps où la pire chose qui semblait pouvoir nous arriver était une chute à vélo dans les dunes ou une défaite au combat indiens-cowboys avec les frères et soeur.

Et puis en rentrant, j’ai écouté La Première (ça m’arrive jamais le soir normalement), et y’avait Mélanie De Biasio, et je me suis dit que j’avais envie d’écouter un peu plus de son dernier album. Et puis j’ai nourri le chat, j’ai fait la vaisselle, quelques trucs glamours comme ça, puis un peu plus tard, tout en me questionnant en ces termes : « est-ce que je ferais pas quand même un brol (parce-que-je-m’y-tiens-pas-trop-au-brol-par-jour-faudrait-que-j’essaie-quand-même-mieux) sur le livre que je viens de terminer qui est tout à fait génial mais en même temps absolument déprimant ? », j’ai machinalement ouvert mon Facebook, et je suis tombée dans mon fil d’actualité sur une publication d’un ami qui disait justement qu’il avait cherché le nouvel album de Melanie De Biasio, puis qu’il était tombé là-dessus, et que ça lui avait mis les larmes aux yeux. Ca m’a mis aussi un peu les larmes aux yeux (la chanson, et peut-être aussi un peu le fait que quelqu’un ce soir ait partagé ce sentiment). Et j’ai trouvé que c’était une belle synthèse, finalement.

many good ways for me to grow
yes an illwind sweeps across my day

illwind
sweeping across my day
no deal with love
no deal with the rest

1 réflexion au sujet de “Brol #16 – no deal”

  1. Eh oui, ma Ju : la vie c’est parfois vraiment dur… Ai-je besoin d’en écrire plus long ? Et ce n’est pas forcément aux moments les plus difficiles qu’on éprouve ce sentiment de lourdeur. Allons.. je t’aime, ma puce.

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