Brol #54 – alors on le fait

Ma main est mal assurée, mes doigts rougis par le froid, ongles mauves et coude tremblant. Le pont du bateau fume légèrement, les os pointus de mes fesses s’y enfoncent. Je suis assise à côté de la poussette, dos au mur, Maurice dort enfin, le vent m’ébouriffe, cheveux dans les yeux. Adossée au bastingage, une femme attire par le bras son amoureux et l’embrasse. J’ai peur qu’ils basculent. D’une écriture branlante, comme trouée, j’écris dans mon petit carnet :

Le froid me coupe le souffle
Les vagues rafales fracassent
Je me sens radeau, coquille de noix


On peut se gaver de beauté de paysages de couleurs de tempêtes
alors
on le fait

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s