Brol #62 – chacun est son île

J’avais commencé ceci avec ces mots : je n’ai pas écrit un mot depuis mon retour du Boson, il y a un mois. Pas écrit un mot depuis un mois ? C’est faux, évidemment. J’ai écrit des dizaines de mails, des articles, des posts, des dossiers, des communiqués, je n’ai fait que ça : je n’ai fait qu’écrire pour les autres, par les autres, sur les autres, avec les autres. Je n’ai pas touché à un seul de mes projets, mis à part du bout des doigts, réglant quelques questions juridiques pour l’un d’entre eux – pas la partie la plus réjouissante. Mais, peut-être, comme me le disait M, dois-je me réjouir de chaque balise posée, apprendre à savourer l’inabouti et à embrasser patiemment le processus.

Il n’empêche, je suis dévorée par ce sentiment persistant de ne pas parvenir à sculpter dans le temps, à gratter le bloc de marbre du quotidien pour en polir les contours et en extraire des minutes-cailloux à m’offrir à moi-même.

Une amie m’écrit pour s’excuser de n’être pas plus présente pour nous, je lui dis : c’est pas grave, tu sais, pour le moment chacun est sur son île. Chacun est son île. Chaque maison, chaque famille, chaque appartement, chaque personne : une île. Nous formons de petits archipels humains qui attendent des bateaux pour se rejoindre, qui espèrent le moment où le vent gonflera leurs voiles.

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